L'UNICEF a poussé un cri d'alarme sinon de honte : les guerres au Moyen-Orient, ont causé la mort de milliers d'enfants. Si les démocraties occidentales avaient été plus fortes, ces guerres n'auraient jamais eu lieu...

Dans aucune autre guerre civile autant d'enfants ne sont morts qu'en Syrie : 622 enfants sont décédés l'an passé soit 20% de plus qu'en 2015.
« Le niveau de souffrance est sans précédent. Des millions d'enfants sont attaqués chaque jour en Syrie et leurs vies sont bouleversées. Chaque enfant est marqué à vie, avec des conséquences terribles sur sa santé, son bien-être et son avenir » a déclaré Geert Cappelaere, directeur régional de l'UNICEF pour le Moyen-Orient.
2,8 millions d'enfants seraient dans le besoin, 281000 sous siège et 2,3 millions ont quitté leur pays: des chiffres effroyables!
Après six ans de guerre, près de 6 millions d’enfants dépendent maintenant de l’aide humanitaire, un chiffre multiplié par douze depuis 2012. Plus de 2.3 millions d'enfants vivent comme réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Egypte et en Irak.
Une guerre qui n'aurait jamais du avoir lieu
Rappelons que la guerre en Syrie est la conséquence directe de la désagrégation de l'Irak suite au lancement d'un guerre sur la base de fausses informations, critiquées courageusement par Dominique de Villepin à l'époque. La France a été l'un des rares pays à s'opposer à cette guerre sous la présidence de Jacques Chirac.
La guerre en Syrie relève avant tout d'une crise de la démocratie aux Etats-Unis : élections soupçonnées de tricherie (Al Gore aurait eu le vote majoritaire de la population, des soupçons de fraudes massives ont été émises à l'époque en Floride, un état dirigé par le frère du président Bush), fausses informations quant à des armes de destruction massives en Irak comme le note le Figaro (voir Guerre d'Irak: comment tout a commencé). L'enjeu de cette guerre était simplement le contrôle du territoire de passage d'un gazoduc et des réserves d'hydrocarbures de l'Irak.
Alan Greenspan, qui dirigea la Réserve fédérale de 1987 à 2006 a déclaré dans son livre Le Temps des turbulences paru en 2007 : «ce que tout le monde sait : l'un des grands enjeux de la guerre d'Irak était le pétrole».
Paradoxalement, c'est l'Europe qui paie aujourd'hui le tribu de cette guerre dont l'enjeu était le pétrole avec la crise des réfugiés, la montée des populismes et la mise en place de nouvelles législations restrictives des libertés dans de nombreux pays, qui nous font revenir 100 ans en arrière.
Pourtant le pétrole est peu important stratégiquement pour l'Europe alors que la prochaine révolution sera celle des énergies vertes et que la France par exemple produit une grande partie de son énergie via le nucléaire. Par ailleurs, l'Europe étant très urbanisée, les transports en commun «verts» seront prépondérants dans les prochaines décennies dans les grandes villes au détriment des voitures (Le shift Project va annoncer une initiative pour décarbonner l'Europe le 21 mars).
Les grandes entreprises pétrolières sont de plus détenues en majorité par des investisseurs étrangers comme Total.
La violence entraine la violence
Les crimes qui ont eu lieu doivent amener à se poser des questions : comment briser ce cercle vicieux de toujours plus de violences et d'atteintes aux libertés individuelles dans les démocraties ?
Les dirigeants politiques qui ont cautionné cette guerre devraient faire face à de graves responsabilités vis à vis des crimes contre l'humanité qui ont eu lieu et devant leur conscience.
Au Royaume-Uni, le rapport Chilcot a accablé l'ancien Premier Ministre Tony Blair comme le note Les Echos (voir Irak, le-rapport qui accable Tony Blair)
« Nous avons conclu que le Royaume-Uni avait décidé de se joindre à l'invasion de l'Irak avant que toutes les alternatives pacifiques pour obtenir le désarmement (du pays) ne soient épuisées. L'action militaire n'était pas inévitable à l'époque », a déclaré diplomatiquement le président de la commission John Chilcot.
En France ou aux Etats-Unis bizarrement aucun rapport indépendant n'a pointé l'implication des dirigeants dans les guerres du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.
Il faut renforcer les pouvoirs de contrôle et les contre-pouvoirs dans les démocraties
Nos démocraties ne survivront pas si une prise de conscience globale ne se met pas en place : on ne vaincra pas la violence par des atteintes aux libertés mais au contraire en renforçant les organismes de contrôle et les contre-pouvoirs à l'exécutif (voir cet article de Rue89, Censure et flicage du net, les régimes autoritaires sont contagieux).
Si les élections avaient été mieux contrôlées aux Etats-Unis, Al Gore aurait sans doute été élu selon le Guardian (voir Al Gore a gagné les recomptages, d'autant qu'une majorité d'électeurs avait annoncé avoir voté pour Al Gore à la sortie des urnes en Floride). Barack Obama a été le premier Président à le reconnaire : « Je dois le dire, je pense qu'Al Gore avait gagné» (en terme de vote populaire c'est indéniable Al Gore avait reçu 50988442 votes contre 50449494 pour George Bush, quant à la Floride...).
Si les fausses informations sur les armes de destruction massives avaient été vérifiées comme l'a fait Dominique de Villepin, la guerre en Irak n'aurait pas eu lieu.
Il semble donc y avoir eu un vol des votes démocratiques et une manipulation avérée de l'information pour déclarer une guerre.
Si la justice avait été plus forte, des lois comme le Patriot Act n'auraient jamais été votées aux Etats-Unis ou celles sur la sécurité intérieure ou la prorogation de l'état d'urgence en France critiquées avec véhémence récemment par Amnesty International (voir cet article du Monde, Amnesty International critique la réponse Liberticide de la France).
«De nombreux gouvernements se sont fourvoyés dans leur réponse aux menaces sécuritaires pesant sur les nations. Ils ont étouffé la société civile, s’en sont pris au droit au respect de la vie privée et au droit à liberté d’expression – en les présentant comme contraires à la sécurité nationale, à l’ordre public et aux “valeurs nationales” » estime Salil Shetty, le secrétaire général d’Amnesty.
Si les services de renseignement s'étaient attachés à surveiller les bonnes personnes plutôt que de contrôler la vie privée de l'ensemble des citoyens, les attentats n'auraient sans doute pas eu lieu aux Etats-Unis, comme en France.
Une guerre aux conséquences désastreuses pour l'Europe et les démocraties
Eclatement de l'Europe avec le Brexit, crises des réfugiés, conséquences terribles des guerres à long-terme et zones entières du monde dévastées (Afrique du Nord, Moyen-Orient), changement d'image et perte d'influence des démocraties occidentales dans le monde (qui étaient auparavant vouées pour leurs libertés), crises touristiques, crises diplomatiques entre de nombreux pays, montée des populismes, la liste des conséquences de la guerre en Irak est terrible.
Les états démocratiques ne peuvent plus se permettre d'être dirigés par politiciens au service de leurs intérêts particuliers (ou de certains secteurs économiques) en menant des guerres injustifiables ou en ouvrant les portes au fascisme via des lois anti-démocratiques (voir cet article de Slate: L'autoritarisme rampant à la française).
Alors que des millions de vies d'enfants sont perdues à jamais il est temps de repenser nos démocraties, notre politique internationale, de renforcer les pouvoirs législatifs, la liberté de la presse, de supprimer les lois portant atteinte aux libertés individuelles et de cesser de mettre en place des lois s'insinuant de plus en plus dans la vie privée et intime des citoyens afin de les criminaliser pour mieux les espionner.
De même, les postures moralisatrices sur la vie privée comme : les chômeurs sont des coupables, les consommateurs des pollueurs, les conducteurs des irresponsables, les malades des profiteurs, les fumeurs des meurtriers... sont-elles une porte ouverte à la pensée unique, précurseur du fascisme s'interroge un blogueur? (Voir la France est-elle devenue fasciste?).
Les citoyens des démocraties occidentales paient aujourd'hui le prix de n'avoir pas renforcé leurs structures démocratiques, le contrôle des processus électoraux, la liberté, l'indépendance de la presse (la France n'a cessé de rétrograder dans ce domaine pour arriver en 45ème position après Trinité et Tobago, on croit rêver!, voir le classement de Reporters Sans Frontières), de la justice quoi qu'on en dise (gravement menacée avec l'état d'urgence qui permet à ce titre de faire sortir de nombreuses affaires, de menacer par la connaissance de la vie privée des personnes importantes sans procédure judiciaire ou de renforcer l'autorité du procureur au dépens des magistrats).
Prétendre que la presse est libre en France alors que les journalistes et leurs sources peuvent être placés sous écoute sous simple présomption est une ineptie.
Rappelons que la sanctuarisation de la vie privée, le pouvoir se soustraire au regard des autres, est la seule garantie contre les régimes totalitaires. L'Etat n'a pas à s'insinuer dans la vie privée des citoyens. Seuls les régimes totalitaires l'ont fait : ne l'oublions pas, en mémoire de ces enfants.
Sans une prise de conscience rapide des citoyens des démocraties occidentales, il sera bientôt trop tard et les populistes vaincront comme dans les années 30 avec les conséquences que l'on a déjà connues : patriotisme exacerbé, totalitarisme, mise au pilori d'une minorité prise comme bouc émissaire, guerres, appauvrissement généralisé...
Article XVI de la Déclaration des Droits de l'Homme et des Citoyens:
Article XVI
Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.
Plus d'informations:
VOUS AIMEZ AIME CET ARTICLE ? SOUTENEZ-NOUS : CLIQUEZ ICI POUR FAIRE UN DON
VOS AVIS SONT PRÉCIEUX : CLIQUEZ ICI POUR VOUS INSCRIRE ET PUBLIER UN SUJET DANS LE FORUM
