Il faut vraiment être passionné pour travailler dans le tourisme et l’aérien. Depuis une dizaine d’années les problèmes s’enchaînent : attentats, Covid, guerre en Ukraine, guerre en Iran… A peine sorties de l’enfer du Covid, les compagnies aériennes ont dû faire face à la fermeture de l’espace aérien russe, à celle d’une grande partie du Moyen-Orient parallèlement à la hausse des cours du pétrole.
L’année 2026 qui devait être celle de la reprise sera celle encore une fois de la chute des profits.
La IATA qui regroupe les principales compagnies aériennes du monde prévoit désormais que les compagnies réaliseront un bénéfice de 23 milliards en 2026 contre 41 milliards prévus initialement et 45 milliards l’an passé.
La hausse des coûts conduit à une réduction drastique des marges. Et encore ces prévisions tiennent compte d’une croissance des revenus de 9,4 % qui n’est pas du tout sûre alors que le monde fait face à un ralentissement de la croissance et retour à l’opposition des blocs qui rappelle les sombres heures de la guerre froide. Le profit des compagnies aériennes est pour le moment estimé à 2 % contre 3,9 % auparavant soit seulement 4,5 dollars par passager !
Vers des réductions de capacités cet hiver?
Les compagnies françaises devraient particulièrement souffrir alors qu’elles sont écrasées littéralement par le niveau de taxes d’un État français devenu obèse, notamment la TSBA qui les désavantage globalement et limite leur capacité d’investissement. La conséquence de cette hausse des cours du pétrole et la baisse de profit va être une réduction des plannings de vols pour l’hiver 2026-2027.
Le président d’ITA Airways, Joerg Eberhart, a déclaré au Financial Times que la compagnie pourrait réduire 1/5ème de ses vols cet hiver. Aux États-Unis la bourse a plongé ces derniers jours suite à l’inquiétude d’une éventuelle hausse des taux alors que la BCE devrait les augmenter en Europe. A noter que la politique de la BCE au regard de la stagnation voire de la crise des économies françaises et allemandes est contestable. En Europe, l’inflation conjuguée à des politiques néfastes au niveau énergétique, automobile et de l’immobilier a plongé les deux plus grandes économies dans la stagnation. Tout le monde espère maintenant un arrêt rapide et la signature d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Car même si un accord est signé, les conséquences des prix élevés du pétrole ne se résorberont pas rapidement.
