Le groupe asiatique va ouvrir son dixième hôtel dans le monde et son premier établissement européen à Paris le 1er août. Le Peninsula bouscule le marché de l'hôtellerie de luxe parisien en imposant de nouveaux standards.

L’inauguration en avant-première de l’hôtel Peninsula Paris a eu lieu le 24 juin en présence des directeurs des deux principaux investisseurs de l’hôtel : Hong Kong and Shanghai Hotels Limited et Katara Hospitality.
On parle d’un investissement de 800 à 900 millions au total dont la moitié dans la construction/ rénovation de l’immeuble et l’autre moitié dans la décoration.
En tout, le projet du Peninsula Paris aura duré plus de 6 ans dont 4 ans de travaux de rénovation.
Un projet pharaonique : trois niveaux ont été construits au sous-sol pour accueillir le spa de 1800 M2 (et sa piscine de 22M de long), la salle de sport, les immenses cuisines de l’hôtel et un parking privé pour les hôtes.
Un point important pour le groupe alors que l’hôtel propose une flotte de véhicules comme des Rolls-Royce, Mini ou BMW pour accueillir ses hôtes.
D’ailleurs un second lobby en sous-sol est réservé aux clients arrivant en voiture pour plus de discrétion.
Le Peninsula est situé au 19 avenue Kléber dans un bâtiment qui a retrouvé sa fonction d'origine puisqu'il avait vu le jour en 1908 en tant qu'hôtel Majestic.
Les travaux de rénovation ont permis de mettre à jour et des restaurer les mosaïques, moulures, dorures faux plafonds et fresques d’origine.
A la suite de l’occupation de Paris, le bâtiment a abrite? le sie?ge de l’UNESCO en 1946 et, en 1958, il est devenu le Centre international de confe?rences du Ministe?re franc?ais des Affaires e?trange?res. Il a accueilli de grands e?ve?nements jusqu’en 2009.
Désormais à l'entrée, deux lions en pierre de 4,6 tonnes marquent son appartenance au groupe Peninsula comme dans les palais, temples et demeures des nobles chinois (pour attirer bonheur et fortune).

Surplombant la façade, une terrasse avec un auvent moderne en verre et en métal (rappelant vaguement la pyramide du Louvres par ce mélange d’ancien et moderne) permet de dîner ou de prendre un verre en plein air en toute saison.
Dans le lobby, un immense chandelier en cristal ( les « Feuilles dansantes ) s’inspire des feuilles des platanes de l’avenue : une oeuvre superbe et majestueuse avec ses 800 feuilles de cristal créées par la cristallerie tchèque Lasvit ( un motif que l’on retrouve sur les portes en bronze des ascenseurs et sur les panneaux en cristal des chambres).
Le Peninsula comprend 200 chambres (d’une minimum de 35 M2) dont 45 suites (qui comprennent deux pièces à vivre au minimum salon et chambre). Cinq suites offrent un panorama spectaculaire à 360° sur Paris depuis leurs jardins en terrasse privés.

« Je me suis inspiré de la réputation de capitale mondiale de la mode de Paris, explique-t-il, et j’ai donc bâti un concept en me fondant sur ce sens inné pour la haute-couture, qui s’exprime de différentes façons dans les chambres » explique Henry Leung, de l’agence Chhada Siembieda & Leung.
Le mobilier des chambres et suites a été exclusivement créé pour l’hôtel The Peninsula Paris par certains des designers les plus célèbres au monde : les chaises et divans ont été réalisés par Rosello, les sofas et cadres de lit par Laval (deux entreprises françaises), les secrétaires et les chevets par le designer autrichien Robert Wolte, les tables basses par la maison Cassina en Italie et enfin les tapis par Tai Ping en Asie.

Les hôtes peuvent commander le service de valet box, consulter la météo, régler le chauffage, paramétrer les options de langue et d'accès à la chambre à partir des consoles à écran couleur disposées dans toutes les pièces.
Près du lit, une tablette grand format permet de commander les lumières et toutes les fonctionnalités. Comme pour bien montrer que le luxe n’a pas de prix, le WiFi, les boissons du mini bar, la vidéo à la demande, les appels téléphoniques VoIP dans le monde entier seront gratuits via le téléphone sans-fil DECT fourni dans chaque chambre.
Dans chaque chambre, un valet box de grandes dimensions, signature des hôtels Peninsula, permetau client de déposer son linge à faire nettoyer ou ses chaussures à cirer, qu’un valet pourra récupérer discrètement et lui redéposer dans avoir à entrer dans sa chambre.
En terme de restauration, l’hôtel vise à proposer l’un des meilleurs restaurants cantonais de Paris : le LiLi.
Situé au rez-de-chaussée, l’on peut y manger en terrasse, dans la grande salle, dans des alcoves intimististes ou dans un espace totalement privatisable.
Le Chef exécutif chinois Tang Chi Keung le dirigera après avoir œuvré dans les établissements du groupe Peninsula à Hong Kong, Shanghai et Tokyo (où le restaurant en terrasse Hei Feng a obtenu une étoile au guide Michelin).
L’on pourra y déguster des Dim Sum avec Yip, le chef dim sum de l’hôtel The Peninsula de Hong Kong pendant 28 ans et actuel ambassadeur dim sum du groupe.
L’autre point fort de l’hôtel est l’Oiseau Blanc un restaurant bistronomique français dont le nom est un hommage au biplan qui a tenté de réaliser la première traversée transatlantique en 1927 (une réplique au 1/75e de l'aéronef sera suspendue dans la cour adjacente).
Il offre un superbe panorama sur la Tour Eiffel ou le Sacré-Coeur et une grande terrasse qui risque d’être prise d’assaut aux beaux jours.
Le restaurant ne vise pas à décrocher une étoile Michelin mais veut séduire par son rapport qualité-prix avec des mets imaginés par le chef Sidney Redel.
«Si nos clients y viennent pour la vue, on aura perdu notre pari» a confié Nicolas Béliard, le directeur de l’hôtel à Business Traveller France.
Après le Mandarin Oriental, le Shangri-La, le Raffles-Royal Monceau et désormais le Peninsula, les chaines hôtelières asiatiques imposent les nouveaux standards aux palaces parisiens qui doivent se réinventer à l’image du Crillon ou du Lutetia en rénovation.
Le directeur de l’hôtel, Nicolas Béliard juge cette concurrence positive :«l’arrivée de ces nouveaux hôtels est une force pour Paris. La ville a désormais une place incomparable sur le marché hôtelier mondial ce qui va la renforcer sur le marché touristique mondial à long-terme».
Comme l’a précisé Clement Kwok,directeur de Hong Kong and Shanghai Hotels,lors du discours inaugural : «nous adoptons une vision à long-terme pour l’ensemble de nos établissements».
Même si le groupe dément mettre l’accent sur les touristes asiatiques en pariant sur les Etats-Unis (où Peninsula est présent à Chicago et New York depuis de longues années) ou l’Europe, l’Asie est au coeur de la stratégie du groupe hôtelier.
Le groupe aurait tort de s’en priver alors que les arrivées hôtelières des touristes chinois ont progressé de 21,3% en 2013 à Paris.
En combinant le meilleur des cultures françaises et chinoises et en apportant son savoir-faire hôtelier exclusif, le Peninsula donne incontestablement une nouvelle impulsion à l’hôtellerie parisienne, notamment pour la rendre plus attractive vis à vis des touristes de l’Extrême-Orient.
Comme le Yin et le Yang se subliment ensemble, Paris a tout à gagner en combinant le meilleur des savoir-faire français et asiatiques...
Informations Pratiques:
- tarif des chambres : à partir de 695 euros en août, 1095 après. Les réservations sont ouvertes pour des séjours à compter du 1er août date de l'ouverture au public.
-adresse: 19 avenue Kléber,75116 Paris.
Sur le projet :
Le projet de restauration a e?te? mene? en coope?ration e?troite avec les trois principaux organismes en charge du patrimoine en France : les Architectes des ba?timents de France, les Monuments historiques et la Commission du Vieux Paris.
- Au total, 3 000 ouvriers, de 40 nationalite?s diffe?rentes, ont travaille? sur ce ba?timent, sur pre?s de 900 chantiers chaque jour.
- Il s’agit d’un exploit d’inge?nierie, e?tant donne? que l’ensemble de la structure a du? e?tre reconstruit sur un cadre en me?tal et les fondations e?taye?es. L’acier utilise? pe?se l’e?quivalent de cinq TGV et 30 000 tonnes de be?ton ont e?te? coule?es, ce qui repre?sente trois fois le poids de la Tour Eiffel.
- Trois nouveaux niveaux en sous-sol ont e?te? creuse?s afin de cre?er le spa et la piscine, ainsi que le garage souterrain. Cela a ne?cessite? l’extraction de 35 370 m3 de terre, soit l’e?quivalent de 12 piscines olympiques.
- Trois types de pierre (pierre de Saint-Leu-la-Fore?t, Chauvigny et Comblanchien) utilise?s sur la fac?ade proviennent de la me?me carrie?re que lors de la construction du ba?timent de 1906 a? 1908. La restauration de la fac?ade a ne?cessite? l’intervention de 20 tailleurs de pierre chevronne?s de Degaine, spe?cialise? dans la re?habilitation des monuments historiques, afin de redonner vie aux fleurs, nœuds et rubans finement sculpte?s de ses 10 000 m2 de surface. Chaque cascade de fleurs a requis trois semaines de travail a? un tailleur de pierre, la re?alisation du moindre petit nœud ne?cessitant 12 heures.
– 40 000 pie?ces de feuille d’or, mesurant chacune 8 cm2 et couvrant une superficie de pre?s de 200 m2, ont e?te? utilise?es dans la restauration de l’ho?tel The Peninsula Paris. Apre?s avoir pre?pare? le bois en 22 e?tapes, chaque feuille d’or a e?te? applique?e a? la main a? l’aide de petits pinceaux par l’e?quipe de l’atelier Gohard, autre maison familiale fonde?e en 1962. Disposant de 15 doreurs a? temps plein, Gohard est l’entreprise la plus importante pour ce type de travaux et le plus grand consommateur d’or en France. Parmi ses interventions pre?ce?dentes a? Paris figurent la restauration du do?me des Invalides (550 000 feuilles d’or) et du Cha?teau de Versailles. Aux Etats-Unis, l’entreprise a travaille? notamment a? la Corcoran Gallery of Art de Washington, au Getty Museum de Los Angeles, au City Hall de New York et a? la flamme de la Statue de la Liberte?.
- Le Salon Adam, de?licatement de?core? dans le style e?trusque bleu et or, a e?te? recre?e? et peint a? la main par les artistes de Gohard a? partir de quatre photos du salon original, au terme de longs travaux de recherche qui, conjugue?s a? leur savoir-faire, ont permis de garantir une re?alisation conforme a? l’original.
- En travaillant avec des experts en peinture et avec les organismes en charge du patrimoine, le de?cor or et cre?me original du Lobby a e?te? de?couvert sous six couches de peinture verte, et restaure? en respectant la palette de couleurs d’origine. Du Louvre au Lobby – les deux tableaux suspendus au plafond du Salon Kle?ber, qui repre?sentent respectivement la musique et les sciences ainsi que la ge?ographie, ont e?te? restaure?es par Cinzia Pasquali, qui a travaille? sur la restauration de peintures de Le?onard de Vinci au Louvre, ainsi qu’au Cha?teau de Versailles. Les œuvres e?taient recouvertes d’une peinture blanche ; leur retrait et nettoyage ont ne?cessite? trois mois. Deux semaines ont ensuite e?te? consacre?es au de?cadrage des tableaux et six mois a? leur restauration avec la remise en place in situ.
- 1 000 pie?ces de bois ont e?te? de?pose?es du ba?timent original (dont 370 et 130 panneaux respectifs du Lobby et du Bar), afin d’e?tre restaure?es et re?installe?es par l’atelier Fancelli, expert de la restauration du bois. Cette petite entreprise familiale, compose?e de 12 employe?s seulement, exerce ses talents depuis trois ge?ne?rations. Chaque pie?ce en bois a e?te? nume?rote?e et retire?e individuellement, avant d’e?tre ponce?e, re?pare?e, restaure?e et repose?e.
- Pie?ces et fragments –Les bordures en mosai?que des deux cours inte?rieures ont e?te? cre?e?es a? partir des sols originaux en mosai?que du Lobby. Le sol original a e?te? de?pose? et envoye? en Italie pour restauration et re?paration, puis redessine? et re?installe? sur site.
- Les bronzes et ferronneries d’art de l’escalier monumental depuis le Lobby ont e?te? cre?e?s par Schwartz & Meurer, l’entreprise qui a construit la Tour Eiffel.
- Les garde-corps sur les terrasses du toit ont e?te? re?alise?s par la fonderie GHM, une ancienne fonderie en charge des entre?es de me?tro Art Nouveau, caracte?ristiques de Paris.
- La cour inte?rieure comprenait a? l’origine trois tours. L’une d’elle a e?te? de?place?e et une quatrie?me cre?e?e dans un souci de syme?trie.
- Le toit a e?te? entie?rement restaure? a? la main, en utilisant des techniques et des mate?riaux franc?ais traditionnels ; des poutres en che?ne, des tuiles en ardoise d’Angers-Tre?laze? et des solins en zinc ont permis de conserver l’authenticite? du ba?timent.
- L’ho?tel a e?te? dote? d’un nouveau toit, avec des tuiles en ardoise de la me?me carrie?re d’Angers-Tre?laze? que celles du ba?timent original de 1908. Exploite?e par l’entreprise centenaire des Ardoisie?res d’Angers-Tre?laze?, la mine est aujourd’hui ferme?e et les veines d’ardoise sont de?sormais e?puise?es. Quelques veines principales ont e?te? conserve?es exclusivement pour des ba?timents historiques officiels. L’ho?tel The Peninsula Paris est l’un des derniers ba?timents a? profiter d’ardoises de cette carrie?re.
- 100 000 tuiles en ardoise recouvrent le toit, dont certaines taille?es a? la main en forme d’e?caille de poisson destine?es a? recouvrir les tours de l’ho?tel. Outre les compe?tences requises pour cre?er ces tuiles, les couvreurs doivent faire preuve d’une habilite? extre?me pour parvenir a? recouvrir les courbes et les formes du toit avec ce type de tuiles.
- Les poutres courbes en che?ne du toit situe?es aux angles du ba?timent e?taient encore intactes apre?s plus d’un sie?cle. Elles ont e?te? conserve?es afin de pre?server l’esprit du lieu.
- Les briques e?maille?es blanches et turquoise d’origine de la cour de L’Oiseau Blanc ont e?te? nettoye?es et, le cas e?che?ant, remplace?es par des briques provenant d’une entreprise spe?cialise?es base?e en Anjou. A l’origine, les puits de lumie?re e?taient extre?mement courants a? Paris. Mais la plupart ont e?te? de?molis. Il s’agit donc ici d’un tre?s bel exemple encore visible aujourd’hui.
- Les solins en zinc et les cadres entourant chaque de?tail des fene?tres et du toit ont tous e?te? martele?s, presse?s et termine?s a? la main, afin de conserver la dimension artistique originale du ba?timent.
- Les magnifiques colonnes de marbre en trompe l’œil en stuc qui de?core les couloirs du rez- de-chausse?e avaient e?te? repeintes. Une fois la peinture retire?e, sept jours ont e?te? ne?cessaires pour cirer et faire briller chaque colonne a? la main.
- Le salon de re?ception est dote?e d’un triple vitrage et be?ne?ficie d’une isolation acoustique de type « boi?te dans la boi?te ». Cela permet de garantir une isolation phonique comple?te de la pie?ce. Un autre exploit d’inge?nieur.
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