Récemment les élus de l’île d’Oléron en Charente-Martime ont donné leur accord pour mettre en place un péage pour financer les travaux de rénovation du pont. Une consultation publique doit être prévue en automne qui comme d’habitude en France ne sera pas prise en compte. On l’a vu avec l’usine de saumon prévue dans le Médoc dont la consultation avait été très fortement contre alors que le projet s’est pourtant poursuivi. A Oléron c’est le conseil départemental qui aura finalement le dernier mot mais le département n’aurait pas les moyens de la financer a déclaré Sylvie Marcilly sa présidente à Ouest France.
Si un péage était mis en place cela réduirait bien évidemment l’activité de tous les commerces sur l’île, les personnes habitant la région s’y rendant moins souvent. Les commerçants privés, les loueurs seraient impactés avec à la clé une baisse des recettes pour les collectivités qui seraient sans doute compensées par une hausse des impôts comme d’habitude en France.
Vouloir faire payer le passage c’est aussi oublier à quoi servent nos impôts. Ils servent normalement à financer les services régaliens de l’État (Justice, police, armée) mais aussi les investissements. Or depuis déjà longtemps au lieu d’investir on augmente sans cesse les effectifs des collectivités locales.
La France au temps du général de Gaulle était très bien gérée : il y avait bien moins de problème dans les services publics et pourtant le poids de l’État était bien moindre. Au début des années 1960, la dépense publique ne représente que 35 % du PIB.
Elles atteignent aujourd’hui plus de 57,3 % du PIB brut selon l'INSEE, un montant plus important que dans l’économie soviétique.
Des dépenses publiques qui financent surtout des emplois publics et pas des investissements
Parallèlement ce ne sont pas les investissements qui ont explosé dans les collectivités locales, mais l’emploi. En effet plus il y a d’emplois plus cela permet d’acheter des votes de faire du clientélisme. L’intérêt des politiciens est donc opposé à l’intérêt de ceux qui versent les impôts. Les emplois dans les collectivités ont explosé de 47% entre 1997 à 2024 passant de 1,371 millions de personnes contre 2,018 millions aujourd’hui selon Fipeco.fr et miroirsocial.com. Parallèlement la population n'a augmenté que de 11 millions d'habitants Entre 1997 et 2024 de 57 millions à 68 millions, ce qui représente une hausse d'environ 19,3 %. Le différentiel soit 28% a consisté à augmenter la bureaucratie qui était déjà bien plus importante en valeur relative en 1997 que sous de Gaulle. La hausse est encore plus spectaculaire depuis 1968. On comptait alors environ 997000 agents publics des collectivités selon le Sénat contre 2,018 millions aujourd'hui soit une hausse de 102% alors que la hausse de la population n'a été que de 36% (49,8 millions d'habitants en 1968 contre 68 millions en 2024) soit un différentiel gigantesque de 66%.
Tous ces salaires à verser sont sans réelle utilité puisque le pays était très bien géré dans les années 60. Ils ont conduit à plus de normes de paperasses et moins d’investissements.
Le problème du pont de l’île d’Oléron résume bien le problème français : la France créée des fonctionnaires à la pelle, mais n’a pas d’argent pour entretenir ses infrastructures. Pas étonnant que le pays ne tourne pas rond avec ce clientélisme généralisé…
Sous de Gaulle, la France était très bien gérée avec 35 % de dépenses publiques et aujourd’hui elle est très mal gérée avec 57 % de dépenses publiques et un nombre bien plus élevé d’emplois publics rapport à la population. Les Français paient ainsi deux fois pour leurs infrastructures via leurs impôts et via les péages. Le même système a été appliqué pour les autoroutes. Cherchez l’erreur…
Crédit photo : Jacques DASSIÉ, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
