Le symbole de cette sous-performance notoire est sans doute l’aéroport de Bordeaux. Il a cumulé deux problèmes : les problème fiscal lié à la politique nationale et une politique locale décidée par un maire écologiste qui a tué le marché. Le maire de Bordeaux écologiste vient d’ailleurs d’être désavoué par les électeurs aux dernières élections municipales. Il fait dire que sous sa direction l’aéroport de Bordeaux a fait fuir Ryanair ce qui a fait perdre un très grand nombre de destinations à l’aéroport. Beaucoup d’électeurs s’en sont sans doute rappelé quand ils ont été voté. Mais le mal est fait Bordeaux ne récupèrera sans doute pas Ryanair avant longtemps et avec elle les très nombreuses routes qui étaient un atout pour l’économie de la ville tant au niveau touristique que business. Parmi les 15 plus grands aéroports de France, Bordeaux est celui qui affiche la plus grande décroissance du trafic par rapport à 2019 soit une baisse de 23,8 %. En quelques années on voit comment une politique écologique a détruit l’aéroport.
Des taxes qui ont explosé et qui conduisent à la ruine du secteur
Mais le constat à Bordeaux est malheureusement identique au niveau national. La politique du partie centriste d’Emmanuel Macron est peu favorable au secteur aérien. Le niveau du trafic aérien reste inférieur de 2,2 % par rapport à 2019 contre une hausse de 6,6 % pour l’ensemble de l’Union européenne. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a été très influencé par les écologistes en voulant réduire le trafic aérien domestique et en favorisant la SNCF puis en augmentant récemment les taxes qui pèsent sur le secteur. « Les pays comme la France qui auront une fiscalité importante subiront un décrochage au niveau européen. Certains aéroports français sont désormais parmi les plus taxés d’Europe avec le triplement de la taxe sur les billets d’avion (NDLR: voir schéma ci-dessous) et la très forte hausse de la taxe sur la sécurité.

On totalise ainsi sur certaines routes 37 euros de taxes par passager alors que la marge des low-costs est de 5 à 6 euros par vol. Cela fait fuir les compagnies low-costs qui privilégient d’autres destinations que la France » note Nicolas Paulissen, Délégué général de l’Union des Aéroports Français. Pourtant l’ensemble du secteur avait prévenu de cette politique contre-productive : la FNAM a publié des rapports, la SCARA a également été très critique sur la TBSA de même que le GIFAS.
Le contrôle aérien en sous-effectif
A ces désavantages en terme de taxes s’ajoutent les mauvaises performances du contrôle aérien français : rien ne va !
« Les retards dus au contrôle aérien sont devenus structurels avec de nombreux retards au départ ce qui désorganise les opérations. Les zones du Sud-Est sont particulièrement touchées. A Nice 36 % des vols ont été retardés en 2025. Et la France cumule 26 % du total des retards de l’UE en janvier 2025 ce qui n’est pas acceptable » ajoute-t-il. La raison en est un sous-effectif du contrôle aérien en France estimé entre 10 et 16 %. « D’ici 2034 ? 100 contrôleurs sur 3000 partiront à la retraite. Il n’y a pas de gestion prévisionnelle. Alors que l’administration veut contrôler les effectifs il y a une spécificité du contrôle aérien à prendre en compte, il manque des effectifs » assure-t-il.
Le système de contrôle EES des frontières qui a déjà été retardé a une nouvelle échéance en avril, mais l’UAF souhaiterait un report à l’automne alors que la « technologie n’est pas stabilisée ».
Il y a cependant de bonnes nouvelles. Grâce à des magazines comme BusinessTravel qui ont fait des critiques constructives depuis 17 ans, Roissy est devenu l’un des meilleurs aéroports au monde et les services de la compagnie Air France se sont également considérablement améliorés. Il manque au niveau politique des hommes pragmatiques qui travaillent dans l’intérêt des français et du secteur aérien. « Nous allons valoriser le secteur aérien pendant la présidentielle car les faits ont contredit les discours. Les Français n’ont jamais autant demandé à se déplacer en avion et le constat est le même pour les politiques » note l’UAF. Encore une fois la Suède montre l’exemple : elle a supprimé ses taxes sur le transport aérien pour améliorer la compétitivité de son secteur.
Malheureusement plutôt que de prendre l’exemple sur la Suède ou la Suisse, la France s’inspire plus des politiques de l’ex-URSS : taxer jusqu’à tuer tout le secteur aérien du pays. Une stratégie mortifère.
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