Suite à la publication du troisième rapport d'étape du BEA, le syndicat des pilotes majoritaire d'Air France, le SNPL a annoncé par la voix de son porte-parole qu'il souhait «suspendre sa participation» à l'enquête sur l'accident du vol AF447 Rio-Paris car il a peur que l'enquête « se transforme en une simple instruction à charge contre l'équipage» selon des propos rapportés par le Point.
Le SNPL a pris cette décision alors que les enquêteurs auraient supprimé dans le troisième rapport d'étape une recommandation mettant en cause les alarmes de l'appareil.
Suite à la publication du troisième rapport du BEA fin juillet, le SNPL avait estimé que ce rapport du BEA ne faisait que «confirmer que la panne mécanique des sondes Pitot constitué l'élément déclencheur de l'accident. Il apparaît clairement que la panne des sondes Pitot a conduit à une réaction en chaîne des défaillances, car des informations cruciales n'était plus fournies et le vol a été mis en péril. Ces pannes ont généré, entre autres, une perte de vitesse et une déconnexion intempestive de l'autopilote et l'autothrust , avec rendant les conditions de pilotage de plus en plus difficiles. Elles ont aussi provoqué une rupture dans les systèmes de protection anti-décrochage, qui, selon le fabricant, auraient dues être normalement activées par l'avion.»
Selon Jean-Louis Barbier, président de l'ALPA SNPL Air France: «les pilotes ont été confrontés à une situation délicate, inattendue et complexe. Une situation totalement inédite pour lesquels le fabricant n'a jamais prévu da formation, avec des temps de réaction aussi courts ».
Le SNPL a également pointé le fait que la conception du système d'alerte décrochage a trompé les pilotes: chaque fois qu'ils ont réagi de façon appropriée, l'alarme s'est déclenchée à tort à l'intérieur du cockpit, comme s'ils avaient pris une mauvaise décision.
Inversement, chaque fois que les pilotes cabraient l'appareil, l'alarme s'arrêtait, empêchant un bon diagnostic de la situation.
Il est à noter qu'Airbus a modifié depuis les procédures de récupération lors d'un décrochage en terme de description et de priorités.
Selon le SNPL, «ce rapport souligne que l'interface homme - machine et que la conception des aéronefs a joué un rôle déterminant dans cet accident».
Le syndicat espère que tous ces nouveaux éléments permettront dans les prochains mois au BEA de publier les recommandants nécessaires pour l'industrie afin de s'assurer qu'un tel accident ne se reproduira jamais.
VOUS AIMEZ AIME CET ARTICLE ? SOUTENEZ-NOUS : CLIQUEZ ICI POUR FAIRE UN DON
VOS AVIS SONT PRÉCIEUX : CLIQUEZ ICI POUR VOUS INSCRIRE ET PUBLIER UN SUJET DANS LE FORUM
