L’impact de la hausse des cours du pétrole sur l’économie est déjà sévère mais il pourrait s’accélérer alors que le chaos au Moyen-Orient s’aggrave. Le Qatar a suspendu ses exportations de gaz naturel et est pourtant l’un des plus grands producteurs au monde. Le détroit d’Ormuz est à l’arrêt et le cours du baril de Brent a dépassé les 80 dollars cette semaine.
Hausse de 70% pour le kérosène européen et de 63% pour le kérosène américain
Il atteint aujourd’hui 86 dollars contre 80 dollars en début de semaine et pourrait flirter avec les 90 voire 100 dollars prochainement alors que les bombardements se poursuivent.
On estime que 40 % du kérosène utilisé en Europe provient aujourd’hui du détroit d’Ormuz.
Dans un article le Financial Times a indiqué que le prix du kérosène avaient augmenté de 71 % cette semaine soit une augmentation bien plus forte que les cours du pétrole. Il s’agit du cours le élevé depuis juin 2022.
La hausse du jetfuel américain est similaire. Il était de 2,42 dollars par galion le 26 février 3,95 dollars le 5 mars soit une hausse de 63 %.
Les compagnies des Émirats reprennent timidement quelques vols
Parallèlement, les compagnies aériennes du Golfe tentent de reprendre doucement leurs vols. Emirates a annoncé qu’il allait opérer une centaine de vols au départ de Dubai jeudi et vendredi. Hier, Emirates a transporté environ 30 000 passagers au départ de Dubaï. D'ici demain, 7 mars, Emirates opérera 106 vols aller-retour quotidiens vers 83 destinations, soit près de 60 % de son réseau de lignes. Sur certains marchés à forte demande, Emirates a considérablement renforcé ses opérations. Au Royaume-Uni, la compagnie opérera à elle seule 11 vols quotidiens répartis sur cinq aéroports d'ici le 7 mars, reflétant la vigueur de la demande de voyage entre les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni. Des capacités supplémentaires sont également déployées en Inde, où Emirates portera son programme à 22 vols quotidiens, desservant l'ensemble de ses neuf destinations dans le pays d'ici demain, 7 mars. Aux États-Unis, Emirates opère actuellement vers sept de ses destinations américaines, assurant ainsi la continuité des liaisons entre les États-Unis et les Émirats arabes unis pendant cette période.
Les vols vers ces destinations sont actuellement assurés a précisé ce jour Emirates.
De son côté, Etihad va reprendre ses vols commerciaux ce vendredi 6 mars.
La compagnie prévoit des vols vers Londres, Amsterdam, Paris, Moscou, Riyadh ou Mumbai. Qatar Airways a également indiqué qu’elle allait opérer des vols de rapatriement.
La prudence s’impose alors qu’un vol Air France de rapatriement a du faire demi-tour suite à des échanges de missiles.
Au final, la durée de cette guerre ne va pas seulement dépendre de la situation militaire mais également de la situation économique. Un prix du baril de pétrole durablement au dessus de 100 dollars pourrait entraîner l’ensemble de l’économie mondial dans une crise sévère. En cas de hausse durable à ce niveau, l’inflation pourrait repartir fortement à la hausse aux États-Unis, en Europe et en Asie, avec à la clé une hausse des taux d’intérêt, un krach boursier et une possible stagflation en Europe comme dans les années 70 lors du choc pétrolier de 1973.
Le prix du baril de pétrole avait alors quadruplé passant de 2,59 à 11,59 dollars. Le deuxième choc pétrolier avait été causé là encore comme aujourd’hui par une crise en Iran. La révolution iranienne et la guerre Iran-Irak avaient entraîné une multiplication par 2,7 du cours du baril entre 1978 et 1981.
Encore une fois l’Europe devrait être le continent qui souffre le plus d’une crise énergétique n’ayant plus accès au pétrole de Russie ni à celui du Moyen-Orient.
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