Comme nous l’avons vu dans notre précédent article sur la hausse du coût du kérosène, la poursuite de la guerre va dépendre de l’économie.
Or la situation est critique.
Hormis l’impact de la hausse du cours du pétrole sur les économies d’Europe et d’Asie, le sort des Emirats du Golfe va avoir un impact sur l’économie mondiale.
Vers un désinvestissement massif des pays du Golfe?
Un officiel du Golfe a déclaré au Financial Times que les problèmes récents aux Émirats pourraient avoir un impact « sur les investissements dans les États étrangers ou les entreprises, sur le sponsoring sportif, les contrats et les investissements ». En langage diplomatique, cela signifie que ces pays pourraient retirer leurs fonds. Et vu leurs capacités financières, nul doute que l'impact serait important.
This morning, I spoke with someone who knows far more about this than I do, and his view was this:
— Nawaf Al-Thani نواف بن مبارك آل ثاني (@NawafAlThani) March 6, 2026
If the war drags on without a clear off-ramp, GCC states may have to reassess global investments to shore up their financial position at home. The ripple effects for countries… pic.twitter.com/Gh8JctoM3O
Les Émirats, le Qatar et l’Arabie Saoudite gèrent parmi les fonds souverains les plus importants au monde et leur influence sur les marchés mondiaux est importante. Des retraits pourraient causer une forte chute du Dollar voire des marchés boursiers mondiaux.
Le Qatar a arrêté de produire du gaz naturel cette semaine suite à des attaques iraniennes. Toujours selon l'article du Financial Times, les États du Golfe avaient demandé aux États-Unis de trouver une solution diplomatique avec l’Iran.
L'économie des Emirats et du Qatar au point mort
Un important entrepreneur de Dubaï, Kalaf Ahmad Al Habtoor, a publié un post sur X en s’inquiétant de l’impact de la guerre : « Avez-vous pensé aux dommages collatéraux avant d’appuyer sur la gâchette ? Et pensiez-vous que les premiers à souffrir de cette escalade seraient les pays de la région ? ».
On estime que chaque jour passé la fermeture de l’aéroport de Dubaï coûte environ 1 million de dollars par minute soit 1 milliard par jour.
Depuis la guerre environ 75 à 77 milliards de richesses ont été détruits sur le marché boursier des Émirats Arabes Unis. Le port de Jebel Ali, l’un des plus importants au monde a été fermé alors que les Emirats importent la grande majorité de leurs produits alimentaires. On estime qu'il reste environ 10 jours de stocks alimentaires dans les Emirats.
JUST IN: The CEO of one of the world’s largest logistics companies told Swiss broadcaster SRF on March 5 that Dubai has approximately ten days of fresh food left. That sentence has not appeared on a single major English-language front page. It should be the headline.
— Shanaka Anslem Perera ⚡ (@shanaka86) March 6, 2026
Stefan… https://t.co/b5XTKxePsH pic.twitter.com/t2dA86YUMn
De son côté, le ministre de l’énergie du Qatar, Saad al-Kaabi, a annoncé au Financial Times que les cours du baril pourraient atteindre 150 dollars d’ici 2 semaines et que tous les producteurs du Golfe vont suspendre la production d’ici quelques jours.
Il a ajouté que même si la guerre s’arrêtait aujourd’hui, cela prendrait semaines voire des mois au Qatar pour reprendre sa production.
Il estime par ailleurs que le prix du gaz pourraient atteindre 40 dollars par million d’unités thermales anglaises soit 4 fois le prix d’avant la crise. Le Koweit vient par ailleurs de réduire la production de ses champs pétroliers pour couvrir principalement ses besoins. Une réduction plus importante doit être discutée dans les prochains jours. Les Etats producteurs font face à un manque de stockage alors que la production de pétrole ne s'exporte plus.
Des hauts responsables américains avaient pourtant prévenu des risques extrêmement importants de cette guerre note Reuters.
« Les responsables avaient déclaré que malgré le renforcement massif des forces militaires américaines, les systèmes de défense aérienne déployés en urgence dans la région avaient leurs limites. Les experts ont averti que le conflit en cours pourrait prendre une tournure dangereuse et le premier responsable a déclaré que la planification du Pentagone ne semblait pas garantir l'issue d'un éventuel conflit » expose Reuters.
Malgré la reprise des vols de manière limitée à Dubaï et Abu Dhabi, l’économie des Émirats est au point mort et l’économie européenne le sera bientôt si les cours du pétrole dépassent les 90-100 euros durablement...(NDLR : mise à jour à 16H, le baril a finalement dépassé le cap des 90$ ce jour)
VOUS AIMEZ AIME CET ARTICLE ? SOUTENEZ-NOUS : CLIQUEZ ICI POUR FAIRE UN DON
VOS AVIS SONT PRÉCIEUX : CLIQUEZ ICI POUR VOUS INSCRIRE ET PUBLIER UN SUJET DANS LE FORUM
