Malgré les tergiversations, on sent bien que cette guerre n’aurait pas dû avoir lieu. Des leaders encore plus extrémistes ont été mis au pouvoir en Iran et il n’y pas vraiment de stratégie. Elle va avoir un impact très fort sur l’économie mondiale. Le président d’Aramco a parlé de « conséquences catastrophiques ». Or le dollar frôle aujourd’hui les 100 dollars alors que la guerre se poursuit et que surtout l’Iran pourrait miner le détroit d’Ormuz.
Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la guerre en Iran cause des perturbations jamais vues sur les marchés pétroliers avec un impact sur 7,5 % de l’offre globale et une part encore plus grandes des exportations. « La guerre au Moyen-Orient provoque la plus grande perturbation de l'approvisionnement dans l'histoire du marché mondial du pétrole » a déclaré l’AIE. L’offre sera réduite de 8 millions de barils par jour ce mois soit environ 250 millions de barils et les flux via le détroit d’Ormuz sont en baisse de 90 %. Et l'impact sur le raffinage est estimé à 4 millions de barils par jour : c'est important car le raffinage du Golfe produit des matières secondaires très utiles à l'économie mondiale : soufre, urée, amoniaque, phosphate, naphte...Du coup les 32 pays de l'AIE ont décidé d'apporter 400 millions de barils de réserve sur le marché. Mais ces réserves comme aux États-Unis ne peuvent être pompées que progressivement et n'apporteront qu'un soutien à court-terme.
Les prix des billets d'avions augmentent rapidement
Nous allons en parler en détail des conséquences de cette guerre qui en est à son 13ème jour. Dans le secteur aérien l’impact est immédiat avec une hausse très forte du prix des billets notamment vers l’Asie.
Cathay Pacific est la dernière compagnie aérienne à avoir augmenté ses tarifs. Elle va doubler sa taxe carburant à compter du 18 mars. Air Asia a fait de même ainsi qu’Air India à partir du 12 mars, Air France-KLM, Air New Zealand, Hong Kong Airlines, Qantas, SAS, Thai Airways (en cours) et Virgin Atlantic. Cette hausse des coûts a bien évidemment un impact sur le trafic cargo aérien et aussi maritime ce qui favorise l’inflation. C'est un mauvais coup pour les compagnies aériennes qui étaient en voie de redressement comme Air France-KLM qui ont beaucoup souffert suite au Covid.
Comme nous en avons parlé dans cet article, le manque de soufre et d’acide sulfurique, d’urée… produits massivement dans le Golfe va avoir un impact sur le prix des fertilisants et par répercussion sur les produits alimentaires. On peut craindre une inflation généralisée qui va réduire le pouvoir d’achat des peuples.
L’automobile européenne déjà souffrante va payer un prix très lourd
Comme l’aérien, l’automobile sera bien sûr fortement touchée via la baisse du pouvoir d’achat et le coûts en hausse des matières premières comme l’acier, l’aluminium et les plastiques. Rappelons que les plastiques sont transformés via le naphta, les vapocraqueurs…L’automobile européenne est la plus exposée et la plus fragile aujourd’hui. Les normes UE ont conduit la plupart des constructeurs à la quasi faillite comme Stellantis ou Volkswagen qui vient d’annoncer 50 000 licenciements supplémentaires. Les européens ont le malheur d’avoir élu des politiciens sans vision, sans stratégie qui nous dirigent vers le sous-développement.
La chimie et la sidérurgie européennes s’exportent aux États-Unis
Le secteur chimique européen est également aux abois alors que le cours du gaz a augmenté de 60 % depuis le début du mois de mars alors qu’il était déjà bien plus élevé qu’aux États-Unis du fait de la décision de l’UE, encore elle, de bloquer les livraisons de la Russie.
L’arrêt récent de la production de gaz par le Qatar, l’un des principaux fournisseurs mondiaux est une catastrophe pour l’UE. Rappelons que le différentiel sur le prix des contrats à terme entre l'Europe et les Etats-Unis est de x6.
Imagine paying six times the price of natural gas and running a competitive industry in Europe pic.twitter.com/Wi4h1JdLlp
— Oliver Groß (@minenergybiz) March 11, 2026
Nous avions parlé de BASF par le passé qui avait déjà réduit ses capacités pour les transférer aux États-Unis et en Chine. Le secteur de la sidérurgie est également à la peine dans toute l’Europe et va être laminé par les concurrents américains ou chinois. Les pays européens ont également peu de stocks de gaz par rapport à la Chine et sont en concurrence avec les pays asiatiques qui ont les poches pleines et ne sont pas en déficit comme de nombreux pays européens comme la France. On a vu récemment des bataille sur des enchères de la part des pays asiatiques pour acheter des cargaisons.
Vers une accélération de la désindustrialisation en Europe ?
L’Europe déjà affaibli risque d’entrer dans une profonde récession. En France la situation est particulièrement critique : déficit budgétaire et dette élevée. La crise mondiale qui approche si la guerre dure ne laissera aucune marge de manœuvre au pays qui était déjà très mal gérée. L’inflation importée via la hausse des cours du pétrole va tuer la demande et réduire le pouvoir d’achat alors que la croissance prévue était déjà très faible en 2026. A cela s’ajoute le libre échange totalement hors sol de l’UE face aux États-Unis qui ont augmenté leur droits de douane. Pendant que les États-Unis se réindustrialisent, l’UE se désindustrialise du fait des prix élevés de l’énergie. Et la faute en est avant tout à la direction de l’UE qui a entrainé tous les pays dans une posture guerrière avec la Russie tout en menant une politique via les éoliennes et les panneaux solaires renchérissant fortement les prix de l’énergie. En France le prix de l’électricité a quasiment doublé en quelques années et le prix du gaz a fortement augmenté.
Un impact fort sur la croissance avec potentielle une hausse des taux d’intérêts par la BCE
Goldman Sachs estime déjà que le PIB devrait être réduit de 0,1 à 0,2 % dans tous les pays de la zone euro soit de 1 % à 0,8-0,9 % pour la France. Dans le meilleur des cas. Car la guerre n’est toujours pas terminée et si le détroit d’Ormuz est miné, cela prendra des mois pour que le trafic reprenne comme avant la guerre. L’impact sur l’inflation pourrait être sévère et la banque centrale européenne devrait alors relever les taux d’intérêts ce qui réduira la croissance et conduira à la baisse des marchés boursiers.
Le réel est donc en train de frapper durement les idéologues de la Commission européenne : avec des énergies fossiles bien plus chères qu’ailleurs en UE du fait des politiques énergétiques hors sol on va voir combien de temps l’UE va tenir avant de voir son économie s’effondrer littéralement. Les prémices de cet effondrement sont déjà visibles en France et en Allemagne depuis quelques mois dans l’industrie chimique, dans la sidérurgie ou l’automobile avec des pertes phénoménales. Les deux principaux pays européens ont une économie en berne.
L’Allemagne connaît parmi les pires périodes de son histoire
Rappelons que le PIB a progressé de 0,9 % en France en 2025 et de 0,2% en Allemagne qui connaît parmi les pires années de son histoire. Le PIB allemand avait chuté de 0,9 % en 2023 et avait augmenté de 0,5 % en 2024, des taux de croissance insuffisants tant en France qu’en Allemagne pour payer les retraites, investir ou supporter l’État providence.
En se fondant dans l’UE la France a perdu toute politique étrangère autonome tout comme l’UE qui est devenue une zone rongée par les normes, les dettes et une croissance faible structurelle, l’économie n’étant que de l’énergie transformée.
Celui qui a une énergie peu chère est dans tous les cas gagnants.
La France l’avait bien compris grâce à De Gaulle et Pompidou en développant le nucléaire pour parer les crises pétrolières. Nos dirigeants ont saboté cet avantage en suivant les directives de l’UE qui aligne le prix de l’électricité sur celui du gaz. L’Espagne est sortie (temporairement)pour son plus grand bonheur du marché européen de l’électricité.
Et les Français se rationnent aujourd’hui en électricité pour que la majorité de celle-ci soit exportée à bas coûts vers nos pays voisins (particulièrement ceux qui ont supprimé le nucléaire).
L'UE s'est trompée sur quasiment tous les sujets...
La guerre d’Iran montre à quel point l’UE s’est trompée sur quasiment tous les sujets: immobilier, énergie, automobile, géopolitique... Lors du sommet européen du nucléaire civil à Paris, le 10 mars 2026 Ursula von der Leyen a déclaré « La réduction de la part du nucléaire était un choix et, à la réflexion, l’Europe a fait une erreur stratégique en tournant le dos à une source d’énergie fiable, économique et peu émettrice ».
Elle persiste dans ses erreurs en pensant que les éoliennes et le solaires sont complémentaires.
Les Européens dindons de la farce?
Dans tous les cas le mal est fait. Il serait bon également de changer très rapidement de stratégie dans l’automobile ou l’immobilier ces deux secteurs étant exsangue suite aux directives de l’UE.Rappelons que l'Ue est une organisation qui a été crée après l'OTAN sous l'initiative américaine. Philippe de Villiers s'est d'ailleurs posé la question dans son livre, J'ai tiré le fil du mensonge..., de savoir si l'UE était un projet européen ou américain.
Au regard des décisions prises ces 10 dernières années, elle ne semble pas prendre des décisions dans l'intérêt des européens c'est clair.
Dans tous les cas si la guerre se poursuit on peut s’attendre à une crise sévère dans l’ensemble de l’UE ce qui avantagera les États-Unis et la Chine qui avaient déjà distancé cette zone vieillissante, sur-réglementée et peu dynamique.
Les États-Unis profitent de leur énergie peu chère via le gaz et le pétrole de schiste et la Chine profite de ses liens privilégiés avec la Russie pour profiter d’une abondance de gaz et de pétrole.
En bref sous la direction de l’UE, les européens et les Français sont un peu les dindons de la farce du grand échiquier mondial...
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