Certains commencent à s’inquiéter du coût démesuré des nouveaux réacteurs nucléaires français…
Investir dans le nucléaire une énergie propre et dont la France maitrise la Technologie, c’est bien. Investir de manière rentable c’est mieux ! Or le coût des 3 premières paires d’EPR avoisine 72,8 milliards d’euros soit 12,1 milliards par réacteur. Alors que chaque réacteur génère environ 1,6 GW, le coût atteint 7500 euros /kW soit bien plus que le coût qui devrait être aux alentours de 2000 euros du kW.
Rappelons que l’ancienne génération de réacteurs avait été fabriquée avec des coûts de 1400 à 2000 dollars du kW et ces tarifs avaient été maintenus jusqu’en 1980.
Dans son livre Mensonge d’état, Henri Wallard avait bien posé le problème. Le choix de la technologie aurait pu être remis en question.
« Selon le rapporteur d’une commission d’enquête au Sénat il aurait mieux valu repartir du design des réacteurs actuels N4 plutôt que de s’engager dans un programme tellement modifié entre l’EPR de Flamanville et l’EPR2 annoncé à Belfort. On évoque un programme de 100 milliards d’euros alors que les 11 nouveaux réacteurs chinois devraient coûter seulement 27,9 milliards, quelle gabegie ! Rappelons de plus à cause des énergies intermittentes le facteur de charge du nucléaire français est ridiculement bas soit 67 % en 2024 contre 90 % aux Etats-Unis les réacteurs français utilisant pourtant une technologie d’origine américaine. Où est le problème chez EDF ? » expliquait-il. Les Coréens comme les Chinois construisent à une fraction du prix français soit 3000 à 4000 euros par kW. Et avec une vitesse de construction sans rapport avec les Français soit 56 mois pour un réacteur par les Coréens alors que Flamanville apris 12 ans de retard : 12 ans ! Pourquoi les Français avaient-ils choisi la technologie EPR ? Il s’étaient basés sur une technologie allemande développée par Siemens et quand l’Allemagne a décidé de se retirer du nucléaire, Siemens a cessé de commercialiser cette technologie et la France a dû adapter elle-même la technologie EPR. Elle aurait pu pour l’imiter les coûts faire évoluer plutôt l’ancienne technologie du réacteur N4 inspirée des réacteurs américains et qui a fait ses preuves (lire le livre d’Henri Wallard pour plus de détails).
Certains suggèrent une réforme réglementaire radicale comme l’abandon du modèle LNT, l’abandon d’ALARA et l’élimination de trop nombreuses réglementations. Au détriment ce prix élevé du futur parc nucléaire nuira à tous les Français et à toute l’industrie pendant que l’industrie coréenne profitera de tarifs ultra compétitifs. Rappelons que les 11 nouveaux réacteurs chinois devraient coûter seulement 27,9 milliards soit 2,53 milliards par réacteurs contre 12,1 milliards pour chaque réacteur français.
D’ici 20 ans il vaudra mieux donc installer une usine en Corée qu’en France. Quand on sait l’importance qu’aura l’énergie pour l’IA, on comprend que la France se positionne mal face à l’Asie. Rappelons par ailleurs que les politiques récents ont abandonné les réacteurs à neutrons rapide qui auraient permis d’utiliser une grande partie des déchets de nos centrales. Une technologie dans laquelle la France était en avance...En bref, nos politiques ont fait des erreurs stratégiques dans le nucléaire que n'ont pas fait d'autres pays. La Russie et la Chine ont a ainsi mis en service des réacteurs à neutrons rapides : les réacteurs russes Beloyarsk-3 (BN-600) et Beloyarsk-4 (BN-800) et le CEFR chinois. Quant aux Chinois ou aux Coréens ils ont des centrales à un coût divisé par deux voire plus pour les Chinois par rapport aux coûts français!
Les américains de leur côté prévoient d'investir massivement dans le nucléaire. Les États-Unis ont annoncé l'an passé un investissement d’au moins 80 milliards de dollars pour multiplier par 4 la production nucléaire de 100 GW à 400GW en 2050.
La relance sera mise en place avec le Japon qui va investir 100 milliards dans des projets de Westinghouse.
À plus court terme, 4 nouveaux réacteurs AP100 seront construits pour alimenter un centre de données géant au Texas. Le nucléaire est devenu un atout stratégique avec le développement de l'IA. Et force est de constater que l'UE dans ce domaine a été plutôt pour la France un obstacle qu'un atout avec sa décision d'investir surtout dans les éoliennes et les panneaux solaires au détriment du nucléaire français. Si la France n’était pas membre de l’UE elle aurait pu développer des programmes communs avec les États-Unis, la Chine voire même la Russie plus facilement. L’alliance pour le nucléaire compte désormais 14 membres en UE même si peu de projets sont réellement lancés. Récemment, un rapport du Parlement italien a conseillé de relancer rapidement et fortement le nucléaire. La France reste cependant étouffée par les règles du marché européen de l’électricité qui ont fait exploser les factures des Français et ont désavantagé par le passé EDF. Nous avons expliqué à maintes reprises à nos lecteurs le désintérêt des énergies intermittentes dans un réseau français basé sur des énergies pilotables et renouvelables avec le nucléaire et l’hydraulique avec le support de centrales à gaz en période de pic hivernal. Rajouter des énergies intermittentes ne fait que renchérir les coûts pour l’utilisateur final. Mais peu l’ont compris ou alors certains en profitent pour gagner de l’argent avec des projets éoliens ou solaires, sans intérêt réel pour les Français. C'est ce que dénonçait également Loik le Floch-Prigent dans notre magazine avant qu'il ne disparaisse récemment.
A lire:
⚛️ L'aveuglement des autorités françaises sur le coût délirant des centrales nucléaires EPR/EPR2 est désespérant. On peut peut et on DOIT faire tellement mieux. Thread sur l'article du Point.
— Edouard 🌐⚛️🏗️👶🇺🇦🇹🇼🇮🇷 (@PlusLibQ) January 30, 2026
"Les 3 premières paires d'EPR2 coûteront 72,8 milliards d'euros (valeur 2020) – « un… https://t.co/viNW0VFiZN
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